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 Sans peurs et sans reproches [PV Umbriel] [Terminé]

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MessageSujet: Sans peurs et sans reproches [PV Umbriel] [Terminé]   Dim 11 Mai - 15:05

Arcaz aimait bien les chevaux. Il n'avait pas eu souvent l'occasion d'en côtoyer durant son enfance, mais maintenant qu'il vivait au château, il ne manquait pas de s'approcher de ces bêtes. Elle le fascinaient. Chaque geste envers eux était emprunt de douceur, d'une délicatesse dont on ne lui reconnaissait pas. Tout le monde connaissait son impulsivité et ses gestes brusques, aussi on s'étonnait devant tant d'affection de sa part. Les chevaux étaient des animaux merveilleux : non seulement ils permettaient de se déplacer, mais c'étaient des bêtes sensibles, qui savaient décrypter les émotions, et qui ne faisaient qu'un avec leur cavalier, s'il savait s'y prendre.

Le jeune écuyer s'était lié d'amitié avec une jument au pelage gris pommelé, très faible et souvent délaissée par le reste des chevaux des écuries. A cause de la naissance d'un poney mal formé, ses compagnons la regardaient de travers et l'évitaient autant que possible. Arcaz avait alors décidé de lui tenir souvent compagnie, sauf lorsque son maître l'emmenait se balader. Il ne savait pas vraiment à qui elle appartenait, juste à un membre de la famille royale. Dans tous les cas, personne ne lui avait rien dit, alors il continuait à rendre visite à la jument, qui se nommait Hannista. Il la bichonnait souvent, mais ne pouvait pas se balader sur son dos, parce que son cavalier pouvait la demander à tout instant. A priori, seuls les domestiques étaient au courant de son lien avec l'animal. Ce qui n'était pas pour lui déplaire.

Un après-midi, il était seul dans son box et brossait sa protégée lorsqu'un bruit de pas se fit entendre dans l'allée centrale. Plutôt curieux de nature, le jeune homme déposa l'étrille et jeta un coup d'œil dans l'allée. C'était un homme, très grand et très mince, qui lui fit froid dans le dos. Il lui semblait l'avoir déjà vu au château, il était sorcier, ou un truc comme ça. Les rayures sur ses vêtements n'arrangeaient pas sa taille titanesque, et Arcaz se sentit soudain tout petit à côté de lui. Le cœur battant, il murmura un maigre bonjour, n'osant pas croiser son regard. Bien qu'admiratif, il était aussi effrayé de ce que pourrait faire ou dire l'homme, même si il n'avait pas l'habitude de ressentir de la peur. Enfin, c'était surtout de l'appréhension. Il décida alors de lui faire face, et demanda plus distinctement :

"Vous avez besoin de quelque chose ?"

Il tenta de sourire, mais sa bouche se tordit plutôt en une grimace. Se grattant la nuque, Arcaz vrilla son regard dans celui qui paraissait inhumain du sorcier, et adopta un air assuré.


Dernière édition par Arcaz le Mer 18 Juin - 15:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sans peurs et sans reproches [PV Umbriel] [Terminé]   Mar 20 Mai - 9:33

« Pom popom popom, siffler en se promenant, lalala lala lala… »

Umbriel était de charmante humeur. Il était heureux d’être de retour en Onyx, heureux que ses objectifs aient été accomplis selon son bon désir, heureux de voir que l’Empereur allait être très satisfait. Son esprit avait occulté, temporairement, tous les problèmes, les désagréments et les douleurs qu’il avait subis lors de ce voyage, les rangeant dans un coin de son esprit.

En levant les yeux au ciel il vit que ce dernier était couvert de nuages grisâtres, roulant comme les vagues d’une mer cotonneuse, annonçant de la pluie ou du brouillard. Un vent soufflait vivement, froid et inhospitalier, faisant claquer le manteau de fourrure qui enveloppait le sorcier, ne révélant que par intermittence son costume impeccable comprenant chemise, gilet, gants et boutons de manchettes dorés, dont les rayures formaient le prolongement naturel de sa taille et de sa minceur surnaturelles.
Même le temps était lugubre à souhait. La bonne humeur du maitre des Ombres augmenta d’un cran, et, sur le parvis de la tour récemment transformée par ses soins en école de sorcellerie (il préférait vivre dans son manoir, à l’écart de la forteresse, aussi les appartements des anciens sorciers avaient-ils été réaménagés), il s’alluma un long cigare exporté d’Argent, bourrés d’épices et de substances offertes par Caliel Secael, Maitre des Chevaliers d’Argent lui-même. Le goût et le piquant de cette fumée-là était sans conteste bien différent et bien plus agréable que les cigares qu’il faisait venir de la crique arc en ciel. Qui plus est, les nimbes étaient colorés d’un violet tirant sur le pourpre qui le faisait vaguement sourire. A moins que ce ne soient les substances hallucinogènes qui se trouvaient à l’intérieur, qui, sur son organisme draconique, provoquaient une simple euphorie, alors qu’elles auraient aisément plongé un être humain normal dans un delirium profonds dont il ne se réveillerait que le lendemain.

Mais Umbriel était un habitué des drogues. Il savait où étaient ses limites, et ce simple cigare « aromatisé » n’allait pas lui causer de tort. Jamais il ne se mettrait en situation de faiblesse pour profiter d’un plaisir.
La journée était si belle, néanmoins. Si agréable. Il se surprit à repenser aux vastes étendues de sa vie passée, aux plaines s’étalant à perte de vue, aux forêts sauvages. Puis son esprit dériva vers une forêt en particulier, un passage secret, une tour… Il secoua sa tête vivement, comme un animal s’ébrouerait ou un serpent chercherait l’origine d’un bruit. Penser au passé ne lui disait rien, finalement.

En revanche, il avait en mémoire une conversation tenue avec un nobliaux, lui annonçant que sa jument, si précieuse et si belle, avait accouché d’un étrange poney malformé, et qu’il se demandait quoi faire d’une pouliche si inutile en manière de reproduction. Peut-être la bestiole avait-elle quelque particularité ? Umbriel, sur son temps libre, était toujours fasciné par ce qui était tordu, biscornu, malformé. Et puisqu’il en était à se faire plaisir, quelques petites investigations et expérimentations s’imposaient.

Il dirigea ses longues et souples enjambées vers les écuries, croisant serviteurs qui s’aplatissaient sur son passage, et membres de la noblesse et de la haute société qui le saluaient avec politesse. Lui-même avançait comme une brume, nimbé par le souffle violacé de son cigare très odorant, dont les fragrances rappelaient celles d’un bois exotique et de fleurs mystérieuses. A un moment, par jeu, il souffla la fumée à la figure d’une jeune débutante, jolie fille promise à quelque riche vieillard, et s’amusa de la regarder suffoquer puis sombrer sous l’effet des drogues dans une hallucination légère. Elle s’en alla le regard vitreux, titubant un peu. Le sorcier eut un sourire, relevant le coin de sa mâchoire pour ricaner doucement.

Poussant la porte de l’écurie, il commença à rôder entre les couloirs nombreux où les montures de tous les prestigieux membres du château se trouvaient, hennissant doucement sur son passage. Certains chevaux, plus intelligents et plus perspicaces, allaient prudemment se cacher au fond de leur stalle, tandis que les mâles les plus dominants tentaient de briser leur porte pour agresser le lézard qui s’introduisait chez eux.
Le maitre des ombres tourna une fois de plus, et, en lieux et place de cheval, découvrit un gamin.
Le mioche devait avoir eu sa majorité très récemment. Son visage glabre était pâlot et agrémenté de deux yeux bleu gris faisant passer à la mer les jours où elle était agitée. Ses cheveux, longs, étaient d’un blond presque blanc, avec des reflets violets qui lui donnaient l’air d’une fée et efféminaient encore plus son visage lisse et juvénile. Ses oreilles, pointues, laissaient penser qu’il était un demi elfe, malgré les muscles noueux qu’il faisait gonfler sous sa chemise trop petite et évasée. Une cuirasse, une épée, complétaient ce personnage insignifiant, qui, pourtant, se tenait à côté de LA jument que désirait Umbriel.

Et qui le regardait, en plus. Et lui adressait la parole.

Le cigare se volatilisa dans un crépitement, volant en étincelles carbonisées sur le sol. La fumée violette s’évapora rapidement dans les airs, tandis que le sorcier plantait son regard d’ambre en fusion, aux pupilles verticales, dans celui qui semblait vouloir, dans une forme de courage ou de folie, le défier, ou tout du moins lui parler. Sans sourire, il demanda :


« T’es qui toi ? »

Puis, réfléchissant à la question qu’on lui avait posée, il ajouta.

« Je n’ai besoin de rien. Mais je veux récupérer cette jument. »

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MessageSujet: Re: Sans peurs et sans reproches [PV Umbriel] [Terminé]   Sam 24 Mai - 16:35

Arcaz plissa les yeux. Il n'aimait pas qu'on le prenne de haut ou qu'on lui parle avec condescendance, alors il ne se laisserait pas marcher sur les pieds. Ça ne serait pas digne de lui. Le courage, c'était non seulement garder la tête froide en situation désespérée, mais aussi savoir faire face aux obstacles, même les plus redoutables. Il y avait bien d'autres formes de courage, mais le jeune homme n'avait pas eu l'occasion d'être instruit à ce sujet. Il avait encore bien des choses à apprendre en ce monde, car le courage, c'était aussi savoir reconnaître la supériorité de l'autre. Mais comme il observait cet homme étrange, il comprit que s'il lui tenait tête, il ne pourrait pas résister bien longtemps. Il n'avait pas peur, mais rien que l'allure du sorcier ferait trembler les plus intrépides. Arcaz s'avança alors, après avoir donné une petite tape amicale sur l'encolure de la pouliche, et déclara :

« Je suis l'écuyer Arcaz. Je suppose que vous êtes le sorcier du palais. »

Il arbora un sourire goguenard. Sa deuxième phrase sonnait plus comme une affirmation qu'une question. L'écuyer jaugea l'homme de haut en bas. De l'extérieur, il ressemblait à tout humain normalement constitué, mais quand on l'observait bien, on pouvait voir une lueur étrange danser dans ses yeux inhabituels, mais aussi les crocs qui dépassaient légèrement de ses lèvres retroussées. Il lui faudrait être prudent avec celui-là, on ne savait jamais de quoi un sorcier était capable. D'autant plus que sa silhouette très fine, accentuée par les rayures de ses vêtements, n'était pas très plaisante à regarder. Arcaz était beaucoup plus musclé, mais la carrure ne comptait pas quand on possédait d'immenses pouvoirs magiques. Le jeune homme se doutait bien qu'il serait battu à plate couture s'ils combattaient avec leur magie.

« Cette... Cette jument, sire ? Pas question, vous n'avez pas le droit ! »

Il ne pouvait pas la séparer de l'écuyer, elle lui était si chère ! Non, il l'en empêcherait, même s'il devait lui passer sur le corps. D'un air farouche et déterminé à sauver la bête, il fit rempart entre le sorcier et l'animal, même s'il savait qu'il payerait cet affront. Le règlement ordonnait qu'il prête respect et obéissance à toute personne importante du château, mais il ne pouvait pas le laisser agir sans faire quelque chose.
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MessageSujet: Re: Sans peurs et sans reproches [PV Umbriel] [Terminé]   Ven 30 Mai - 9:50

La terreur. Doux sentiment se répandant peu à peu dans les veines de toutes les personnes se trouvant au palais. Sa réputation. Son attitude. Son apparence. Sa magie. Toutes ces forces combinées contribuaient à entourer le Sorcier des Ombres du voile de la Peur, et il s'en délectait au plus haut point. Inspirer la peur était aussi inspirer le respect : il lui serait toujours temps plus tard de gagner ce respect autrement. Faire amende honorable, tout ce genre de choses.
Ou pas, en fait.
Oui, la peur était la première arme d'Umbriel W. Maxwell, plus encore que la magie, son sang de dragon, et sa position au palais. Elle était la pierre angulaire du début de ses intrigues, de ses manigances. Elle lui apportait en grande partie son prestige.

Et voilà que, gringalet et débordant du feu de la jeunesse, un misérable écuyer le défiait du regard. Umbriel n'était pas trop pour les convenances : les sires, les ronds de jambes, les politesses, tout cela ne lui réussissait pas trop. Mais de là à ce qu'un pitoyable insecte vienne le regarder droit dans les yeux avec l'air de dire "vas y, montre moi ce que tu vaux", il y avait un pas que le Seigneur Maxwell ne franchirait pas. Jamais. Autant laisser les fourmis fabriquer leur fourmilière dans votre salon, ou les ridicules araignées tisser leur toile dans votre chambre.
Les pourceaux se faisaient écraser, point final.


"Écuyer hein... Oui, je suis l'ArchSorcier d'Onyx, Umbriel W. Maxwell, Conseiller de l'Empereur, tout ça tout ça."

C'était tellement dommage. La journée commençait bien, et voilà que quelqu'un venait lui gâcher son humeur. Néanmoins, un nuage de douceur cotonneuse, de plaisir sadique, et de revanche méritée, aussi noir et parsemé d'éclairs qu'un ouragan, se profilait dans l'horizon chimérique des circonstances. Ainsi, le jeune... Arcaz... aimait cette pouliche porteuse de malformés. Intéressant. Très intéressant.
La langue fourchue du Dragonit se faufila un instant sur ses lèvres lorsque le petit garçon mit sa musculature d'albâtre entre lui et l'équidé. Comment pouvait il s'attacher à une créature aussi idiote, ça Umbriel ne le comprenait pas. Mais il savait comment retrouver sa bonne humeur.


"Tu aimes ce cheval, alors? Hm. Soit, faisons un marché alors : j'avais des courses à faire avec." Le mot course plana avec un sous entendu d'horreur et de menaces si évident que même un benêt l'aurait compris. "Si tu y tiens, tu n'as qu'à prendre sa place. Je suis sur qu'avec tout ces hmm... muscles..." Umbriel tapota un peu de sa canne le torse du gamin, comme s'il avait été un bout de viande ou un animal "... tu seras tout à fait à même de porter mes paquets.

Qu'en dis tu? Marché conclu? C'est à prendre ou à laisser, l'ami."


Un sourire irradia le visage du maitre des illusions. Il tendit sa main gantée, aux longs doigts effilés, bien plus que ceux d'aucun être humain sur ce monde. Sous le cuir, il était aisé de voir les pointes formées par les griffes du sorcier... Un marché, en bonne et due forme : les poignées de main contenaient beaucoup de puissance, beaucoup de symboles, et Umbriel adorait les symboles...
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MessageSujet: Re: Sans peurs et sans reproches [PV Umbriel] [Terminé]   Dim 1 Juin - 12:57

Si Arcaz avait appris quelques chose durant son apprentissage, c'était qu'il ne fallait pas se fier aux apparences. Un homme taillé dans une armoire à glace pouvait très bien être un excellent stratège, et un être frêle et maigrelet plus puissant qu'il n'en avait l'air. Le jeune homme fronça les sourcils. Il y avait quelque chose qui clochait dans tout ça... Pourquoi un sorcier s'intéresserait-il soudain à un cheval sans aucune qualité ? Voulait-il en faire de la chair à saucisses ? Ou bien en faire son cobaye pour des expériences aussi nocives que dangereuses ? Au lieu de s'en effrayer, la colère d'Arcaz redoubla. Il ne laisserait pas l'homme s'approcher, même s'il devait regretter sa décision. Il avait déjà laissé ses parents se faire tuer, il ne répéterait pas cette erreur une seconde fois. Cette pouliche représentait ce qu'il avait de plus précieux ; il n'avait jamais réussi à sympathiser avec les autres jeunes du château, sans qu'il sache jamais pourquoi. Alors il avait jeté son dévolu sur cet animal, et s'y était attaché au fil du temps.

« Eh bien, monsieur l'Archsorcier, si vous souhaitez cet équidé à tout prix, il faudra me passer sur le corps », fit l'écuyer, bien conscient de son affront.

Son ton était narquois, et un rictus déformait sa bouche. Il savait qu'il n'était qu'un gamin, encore inexpérimenté, mais le sorcier ne pouvait pas lui faire du mal, il n'avait pas le droit... en théorie. Tout de suite moins rassuré, il se reprocha de lui avoir tenu tête sans réfléchir aux conséquences de ses actes. Mais c'était lui ou la jument... On lui avait toujours inculqué le sens de l'honneur et de la justice, et ce qui paraissait injuste dans cette situation, c'était que le sorcier s'intéresse à SA pouliche. Parce qu'il se l'était appropriée avec le temps...

Arcaz croisa les bras, mécontent. Et en plus, l'homme lui proposait de prendre la place de l'équidé... Pourquoi s'abaisser à une tache aussi ingrate qu'inhumaine ? Il s'apprêtait à refuser lorsqu'il capta le regard du sorcier. Bon... il allait peut-être revenir sur sa décision. Ou pas, finalement...

« Certainement pas, sire. Serait-ce trop vous demander que de savoir ce que vous comptez réellement faire avec ce cheval ? »

Il lorgna la main que lui tendait l'homme, méprisant, sans broncher. Ses sourcils étaient froncés de colère, son front plissé... Voilà qu'il était d'une humeur massacrante. Le jeune homme croisa les bras, tenace, et décidé à tenir jusqu'au bout, même si le sorcier l'intimidait.
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MessageSujet: Re: Sans peurs et sans reproches [PV Umbriel] [Terminé]   Jeu 5 Juin - 8:50



Grand, mince, et létal. Tel était le sorcier des ombres, et Arcaz avait raison de ne pas se fier aux apparences. Tout dans la nature aurait pu rappeler cet état de fait, mais l’exemple le plus flagrant restait sans doute l’Amantis, la Mante Religieuse. La comparaison avec le maitre des illusions était en fait plus que flagrante : doté de griffes acérées, de dents pouvant perforer chair et briser les os, et d’un corps souple et délié. Et avec à peu près autant de compassion que l’insecte évoqué.



Un silence passa, les questions et exclamations de l’écuyer imprudent se perdant dans le vent. Le corps d’Umbriel, d’ordinaire si vivace, se glaça dans une mimique digne de celle d’une statue. Puis, lentement, sa main se resserra, retournant près de son corps. Son visage s’étira, son sourire se referma sur deux lèvres tellement fines qu’on aurait dit une simple ligne rougeâtre au milieu de son visage. De près, on aurait pu croire qu’elles étaient teintées de sang frais.

Ses yeux d’or flamboyant virent leur pupille reptilienne s’étrécir au maximum, devenant deux fentes semblables à celle d’un serpent.

Parfois, les menaces et les mots sont vains. Le silence de mort qui planait sur les lieux était bien pire. Dans leurs stalles, les chevaux eux même se firent muets, attentifs, se sachant enfermés. La jument protégée recula sur ses quatre pattes, se massant au fond de la stalle.

Puis vint le murmure.

Arcaz aurait pu jurer voir quelque chose se mettre à bouger derrière les poutres. Les ténèbres semblaient se mouvoir un peu, comme si quelque chose, frappant à la porte de l’univers réel, tentait de s’infiltrer au travers des ténèbres. Les flammes, si fragiles d’apparence, vacillaient doucement. Et un instinct profond au sein du jeune homme lui susurra « Surtout, quoi qu’il arrive, JAMAIS, JAMAIS ne te retrouve dans le noir… ». Le genre d’instinct qui lui avait sauvé la vie lorsqu’il avait dû, à de nombreuses reprises, s’enfuir. Le genre d’instinct qu’il vaut mieux écouter, car si on ne le fait pas il n’y a pas de deuxième chance. Fin de la partie.

Le sorcier acheva de replier sa main. Des flammèches verdâtres fusèrent de son poing fermé, comme s’il était en train de broyer une ancienne étoile sur le déclin. Il y eut comme un « ssssccchhhlllllurrrrp », le genre de bruit que fait beaucoup d’air qui soudainement disparait et…
Arcaz se retrouva à suffoquer. Une barrière, presque invisible, semblait l’entourer, tandis que tout air avait disparu de la bulle dans laquelle il se trouvait. La frontière invisible de vide l’entourait, dans un rayon d’approximativement trois mètres, frôlant les pieds du sorcier qui, apparemment, était en train d’incanter quelque chose. Ses lèvres bougeaient mais l’écuyer, privé d’air, ne pouvait naturellement pas entendre.

Quel sombre sortilège l’ArcSorcier d’Onyx, un être doté de pouvoirs magiques terrifiants, pouvait-il donc préparer ? Tandis que la bouche de l’écuyer ne pouvait rien happer, que ses poumons réclamaient leur dû et qu’il s’efforçait de dissiper ou même simplement de sortir de cette bulle de vide, son cerveau se mit à réfléchir. Ses yeux regardèrent les flammes des torches… Et une leçon de son maitre lui revint en tête « Le feu a besoin d’air pour bruler : dans le vide, les flammes s’éteignent. »

Arcaz s’aperçut très rapidement que la sphère de vide bougeait avec lui. Un pas en avant, et elle avançait. Un pas en arrière, elle reculait. Soit il lui faudrait courir très vite, soit il allait devoir trouver une autre ruse… Mais le temps pressait : les doigts d’Umbriel Maxwell, Maitre des Ténèbres, avaient déjà entamé le tracé de runes terribles dans les airs, des marques qui laissaient des traces de flammes noires dans les airs, flottant au mépris de la gravité et des règles de la physique. Des étincelles jaillissaient de ses griffes, consumant ses gants fragiles et révélant ses mains blanches, terminées par des griffes aussi tranchantes que des rasoirs.
Oui, le temps pressait. Et de toute façon, si Arcaz ne faisait rien, il le savait, le sorcier le laisserait sans nul doute suffoquer jusqu’à ce qu'il meure.
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MessageSujet: Re: Sans peurs et sans reproches [PV Umbriel] [Terminé]   Sam 7 Juin - 16:58

Arcaz savait bien qu'il risquait gros, mais il ne pouvait pas se résoudre à abandonner la pouliche là. Elle était trop précieuse pour ça, et il y tenait comme à la prunelle de ses yeux. Ce sorcier n'avait-il donc aucun gramme de compassion en lui ? Il n'y avait rien de plus humain que de vouloir protéger les êtres auxquels on s'est attaché... Le jeune homme ne comprenait pas pourquoi l'homme qui se trouvait devant lui tenait tant à obtenir la jument. Personne ne lui avait rien demandé...

Puis tout devint étrange, les chevaux se ratatinèrent sur eux-même, dans leurs stalles, et un murmure s'éleva. Arcaz fixa le sorcier aussi immobile qu'une statue, horrifié, comprenant ce qu'il voulait faire ; du moins en partie. Il fronça les sourcils, prêt à abandonner la partie, mais un curieux phénomène se produisit. Il y avait quelque chose derrière les poutres, il en était certain. Il venait de voir passer une ombre, à moins que ça ne soit une diversion de la part d'Umbriel... ?

Soudain, l'air entourant Arcaz disparut, et une bulle invisible l'enferma. Paniqué, le jeune écuyer ouvrit de grands yeux atterrés, et tenta d'avaler un peu d'oxygène, en vain. Il cracha, s'étouffant, et porta les mains à sa gorge. Il ne pourrait pas tenir bien longtemps, il fallait faire quelque chose. Refusant de laisser tomber, il fit un pas en avant, difficilement mais fermement. Mais le dôme semblait avancer avec lui, et reculer aussi. Il devait absolument trouver une solution, sinon il s'écroulerait bientôt sur le sol, et toute vie l'aurait quitté.

Il tomba à genoux, certain qu'il n'allait pas s'en sortir. Il tenta de se calmer, pour accueillir la mort avec sérénité, comme une vieille amie, mais à chaque fois, son cœur s'emballait et il s'affolait. Il jeta un œil vers le sorcier. Voilà qu'il faisait des gestes étranges à présent, et l'air semblait chargé de fumée noire qui y flottait comme si c'était tout naturel. Arcaz tenta de parler, mais ce ne fut qu'il râle qui sortit de sa gorge. Alors il articula silencieusement, au moment où le sorcier le regardait :

« Assez... J'abandonne... »

Il voyait des points lumineux devant ses yeux, et s'écroula sur le sol, aspirant le vide sans sentir aucun bienfait. Il ferma les yeux. Attendre était la meilleure solution, selon lui.
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MessageSujet: Re: Sans peurs et sans reproches [PV Umbriel] [Terminé]   Sam 14 Juin - 16:32

Les flammes noires palpitaient dans les airs, porteuses d'une lourde menace. Quel genre de maléfice pouvait nécessiter d'aussi imposants préparatifs, pour un Sorcier tel que Umbriel? L'écuyer n'aurait manifestement pas le temps de le découvrir.
La main gauche du Maitre des Ombres continuait de se serrer autour d'une flamme verdâtre, pulsant comme un cœur qui bat. Arcaz s'en aperçut bien vite, tandis que les premiers points lumineux dansaient devant ses yeux, que la chose que serrait le sorcier entre ses griffes battait au même rythme que son cœur à lui, d'abord de plus en plus vite, puis, ralentissant, lentement, lentement...

Sur les lèvres rouge sang, un sourire commença à naitre, les canines se relevant lentement. Le Seigneur Maxwell cessa de composer des flammes noires dans les airs... La peur, la mort, l'abandon faisait vibrer la corde de vie du jeune, si jeune homme devant lui. Pour quelqu'un habitué à la terreur comme l'était U. W. Maxwell, les signes extérieurs étaient évidents. De sa main droite, il dissipa d'un mouvement agacé la fumée noire, faisant s'évaporer les runes, puis fit un geste ample, attirant à lui, comme on aurait saisi une toile d'araignée, des ombres, les étirant comme des élastiques. Lentement, six d'entre elles saisirent l'écuyer inconscient aux épaules, au cou, au torse, aux mains, et le soulevèrent légèrement, relevant son torse.

Alors seulement la main du maitre des illusions libéra le cœur de flammes vertes de ses griffes. "Ffffouuuch" fit l'air, qui reprit sa place initiale. L'écuyer pouvait à nouveau respirer.


"Un contrat était le meilleur moyen pour toi de sauver ce que tu aimais. Tu aurais du accepter" susurra dans un sifflement de plaisir "Si seulement tu t'étais un peu servi de ta tête..."

Le seigneur ténébreux secoua la tête, absolument désolé. Il s'approcha un peu de l'écuyer, et d'une main violente, le saisi à la mâchoire, remontant le regard du gamin, le forçant à fixer son regard de reptile, de dragon, des yeux aussi jaunes que le soleil, flamboyants d'une intelligence malveillante. "Au lieux de ça, tu as perdu. Tu as affronté plus fort que toi. Et tu vas voir disparaitre ce que tu protégeais."

Le sorcier lâcha sa proie, écœuré. Se retournant vers la stalle, il invoqua plusieurs monstres de ténèbres qui emportèrent la jument paniqué. D'un pas de sénateur, il s'éloigna de l'écuyer immobilisé, saisi par les ombres mouvantes dont l’étau était aussi solide et dangereux que les pinces d'un scorpion. Les créatures noires le suivirent docilement, forçant la jument à avancer.
Les hennissements paniqués continuèrent longtemps, très longtemps, tandis qu'impuissant, Arcaz ne pouvait qu'écouter, paralysé, pétrifié, vaincu. Puis, il s'arrêtèrent.

Les ombres, privées de magie, relâchèrent le jeune homme. Les écuries étaient redevenues silencieuses. Personne ne semblait avoir vu ce qui c'était passé, et de toute façon, à qui cela aurait il importé?
Quelques instants plus tard, Arcaz vit que sur le sol, les flammes noires de tout à l'heure avaient tracé un court message, carbonisant les dalles devant la stalle de la jument qu'il avait tenté de protéger. Et il y était écrit

"Bienvenue en Onyx, écuyer."


Ecrivain Umbriel:
 
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MessageSujet: Re: Sans peurs et sans reproches [PV Umbriel] [Terminé]   Mer 18 Juin - 15:12

Arcaz ne comprenait pas pourquoi le sorcier en venait-il à de telles extrémités ? Il n'avait rien à gagner, si ce n'est une jument sans intérêt, ainsi qu'une victoire lâchement remportée. Peut-être était-ce cette raison qui poussait Umbriel ? Il était sûrement belliqueux et rancunier, et cherchait à se venger, même si c'était injuste ? L'écuyer n'en savait rien, mais ce dont il était sûr, c'est qu'il lui faudrait sortir de ce mauvais pas le plus rapidement possible.

Ses poumons réclamaient leur dû, et Arcaz ne tiendrait plus longtemps. D'ailleurs, il s'était déjà écroulé sur le sol et des points noirs dansaient devant ses yeux. Il devrait être fort, courageux, et tenir, autant qu'il lui serait permis... Ou bien il pouvait se laisser emporter par la mort dès maintenant, et l'accueillir comme une vieille amie. Il l'avait déjà vu à l’œuvre, plusieurs fois même, et il ignorait si on souffrait en fermant les yeux pour la dernière fois. Cependant, il demeurait atterré à l'idée de perdre de la vie, et il se raccrochait à chaque souvenir heureux, à chaque idée qui lui faisait du bien, comme quand il avait été accueilli au château et qu'une ribambelle d'enfants l'avaient accueilli, ou quand il pansait la pouliche avec une tendresse démesurée... Soudain, l'image de ses parents, du sang et des cris resurgit dans sa mémoire, et il cessa de se convulser. Son regard se voilà, mais, d'un coup, une bouffée d'air empli ses poumons.

Incapable d'expliquer le phénomène, Arcaz se mit à tousser, et avala tout l'oxygène qu'il put. Il leva les yeux vers le sorcier, prêt à en découdre, et fut aussitôt saisi au menton. Le jeune homme fixait ses pupilles inhumaine avec un regard noir, qui reflétait toute la haine qu'il portait depuis longtemps – trop longtemps. Il entendit à peine ses paroles. On aurait dit que ses oreilles étaient remplies de coton, et qu'il allait s'évanouir à tout instant. Umbriel le lâcha, à son grand soulagement. Il calma son cœur, puis, lorsqu'il se retourna, il ouvrit des yeux effarés. Des ombres, sinueuses, maléfiques, le clouaient sur place, tandis qu'on enlevait la jument. Sa jument. Il voulut pousser un cri de rage, mais il était encore trop faible.

Les hennissements de l'animal durèrent longtemps, trop longtemps pour qu'il puisse le supporter. Il ferma les yeux ; il avait envie de hurler, fort, si fort qu'il s'en arracherait les poumons. Non seulement il avait laissé un être qui lui était cher se faire enlever, mais son honneur était éclaboussé. Lorsque les bruits cessèrent, les ombres qui le retenaient le lâchèrent et disparurent. Arcaz se retrouva dans le silence, avec l'impression très perceptible d'être impuissant. Puis, soudain, il se mit à pleurer de rage, étouffant aussitôt ses sanglots, mais les reprenant dès qu'il pensait à la pauvre bête. Il tapa du poing sur le sol de marbre, ignorant la douleur qui se répercuta dans son bras, et cria :

« JE ME VENGERAIS ! »

RP TERMINÉ

HRP:
 
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MessageSujet: Re: Sans peurs et sans reproches [PV Umbriel] [Terminé]   

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Sans peurs et sans reproches [PV Umbriel] [Terminé]

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